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La réception du Livre par les jeunes lecteurs: élèves et étudiants au Gabon

Communication de M. Guy Wilfried IDIATHA, étudiant en Maîtrise au Département de Littératures Africaines de l'Université Omar Bongo, Président du CRELAF à l 'occasion des I ères journées thématiques du Ministère de la Culture, des Arts et de l'Education Populaire lors de la Journée Mondiale du Livre le 23 avril 2006 à Libreville, sous la Présidence de son Excellence Pierre Marie NDONG, Ministre d'Etat à la Culture de la République gabonaise.



Madame, Messieurs les membres du Gouvernement,
Chers Acteurs du Livre,
Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs,
Distingués Invités,


C'est avec un réel plaisir que je prends la parole ici, à l'occasion des Ières Journées Thématiques du Ministère de la Culture, lors de la Journée Mondiale du Livre et du Droit d'Auteur.

On m'a demandé de m'exprimer ici en tant qu'étudiant, ma communication va donc porter sur: « La réception du Livre par les Jeunes lecteurs: les élèves et les étudiants. » Mon exposé va s'articuler en trois (3) points, à savoir: La fonction du Livre, le rapport Livre-Jeune lecteur et les Perspectives. Cela, en vue de dire les préoccupations et les attentes de la jeunesse gabonaise, par rapport à l'objet qui est le Livre.


1.La fonction du Livre:

Il y a quelques années, le regretté écrivain guinéen William Sassine déclarait à Jacques Chévrier, universitaire français et spécialiste de littérature africaine: « dans le mot écrivain, il y a "écrire" et il y a "vain"[...]Cela résume la condition de l'écrivain en Afrique: On écrit en vain, on n'est pas lu. » Ceci pour dire que la lecture sinon le livre ne suscite aucun intérêt particulier pour les Africains pauvres et affamés dont les besoins premiers sont tournés vers les désirs de la chair plutôt que ceux de l'esprit.

Mais il faut dire que si les Africains en général et les Gabonais en particulier semblent être tournés vers d'autres préoccupations, il n'en demeure pas moins, comme le souligne l'universitaire et écrivain gabonais, Ludovic Emane Obiang dans un article publié dans la Revue Africultures1 intitulé: « Le rôle du livre scolaire dans l'élaboration d'une culture de la lecture en Afrique » que ceci « varie dans le cadre propre à chaque pays, on peut noter des relations différentes à l'écriture en fonction de la couche de la population choisie ou du milieu étudié. »Ainsi, si le public se détourne du Livre, ce n'est pas le cas de TOUT le public; car, le Livre connaît une forte réactivité dans les milieux scolaires et universitaires parce que ces milieux sont pour le Livre un terrain d'accueil.

En effet, le livre constitue pour le jeune lecteur un matériau important, un outil indispensable; car, il sert à l'appropriation des connaissances, et pour reprendre encore Ludovic Obiang, « il est le ferment d'une véritable culture intellectuelle. Il repond alors aux objectifs propres à ces institutions du savoir; c'est-à-dire promouvoir la connaissance, évaluer l'information, aider à la création »2. Il permet à chaque apprenant de se réaliser. Vous conviendrez avec moi qu'aucun élève, aucun étudiant, si brillant soit-il, ne peut parvenir à la connaissance seulement en écoutant son professeur même si ce dernier est excellent. Il faut à l'apprenant de la réflexion, de la méditation, tout en accomplissant un travail personnel qui sera essentiellement constitué de lectures assidues.

Le livre est donc pour le jeune lecteur qui veut réussir ses études un moyen de dépassement, une arme indispensable; lire devient alors pour lui, un devoir s'il veut parvenir à des resultats probants.


2.Le rapport Livre-jeune lecteur:

Comme on peut le voir, l'étudiant entretien avec le livre un certain rapport. C'est un rapport d'interdépendance parce que l'étudiant a besoin du livre pour se réaliser et le livre a besoin de l'étudiant pour exister.C'est l'institution académique qui légitime une oeuvre littéraire et cette légitimation concoure à la survie d'une oeuvre.

Toutefois, si l'apprenant et le livre entretiennent un rapport d'interdépendance, ce rapport, il convient de le souligner, a souvent été entâché par un fait: L'absence d'une politique global du livre caractérisée, notamment par l'absence de bibliothèques, mais surtout par la la cherté des livres.
Vous conviendrez une fois de plus que comme bibliothèque, le CCF seul ne suffit pas. Il faut des bibliothèques partout. Il en faut dans nos écoles, nos lycées et collèges, dans nos munipalités...

Donc l'absence de bibliothèques est un handicap certain qui nuit à la formation du jeune lecteur. A côté de cela, on l'a souligné tantôt, c'est la cherté des livres, notamment les livres de littérature gabonaise- je sais de quoi je parle, je suis psécialisé en littérature gabonaise-. Nous avons par exemples, des ouvrages tels que Histoire d'Awu de Justine Mintsa qui coûte 9.900 Fcfa; La flamme de Crépuscule de Ondo mendamne 15.000Fcfa, Pétroleum de Bessora 19.000 Fcfa; Un seul tournat Makôsu de Justine Mintsa 13.000 Fcfa. Avec de tels prix, voyez-vous, il est difficile à un jeune étudiant qui n'a pas les moyens, de se les procurer.

Il y a également le problème du renouvellement des ouvrages. Il est aujourd'hui difficle à un étudiant de s'approprier par exemple Histoire d'un enfant trouvé de Robert Zotoumbat, Chants du Gabon de Georges Rawiri, Ainsi parlaient les Anciens de Pierre Edgar Moundjiégou ou encore Au rythme des pagaies de Richard Moubouyi.On a l'impression quand on nous parle de ces ouvrages que ce sont des grimoirs, des livres anciens dont l'édition s'est arrêtée depuis des lustres ! Cet état de chose n'encourage pas les jeunes à s'intéresser aux oeuvres littéraires et pose problème dans la relation que le jeune lecteur doit entretenir avec le livre et de la promotion de notre littérature, à cause de son accès qui reste difficile. A ce niveau que devons-nous faire ?


3. Perspectives et conclusion :

Si le livre coûte cher – les éditeurs nous le diront-, c'est parce qu'il est d'abord un objet commercial; c'est parce que les maisons d'édition sont des entreprises qui calculent les dépensent et les bénéfices.
Le livre coûte cher parce que dans un pays comme le nôtre où le livre ne figure pas parmi les bjets prisés des consommateurs, il doit pouvoir faire vivre, faire profiter à l'écrivain et à son éditeur.

Toutefois, nous souhaiterions, parce nous estimons que le livre est objet de valeur, bien plus qu'on objet commercial, il est un vecteur de transmission culturel, que des engagements soient pris pour qu'à l'issue de cette Journée mondiale du Livre, le livre soit accessible au plus grand nombre.

Nous savons que nous appartenons à une société orale où la parole sonore est privilégiée, mais nous devons également savoir que nous vivons à une époque où l'on fige toutes les richesses du passé, des pans entiers de l'Histoire de l'Humanité dans les entrepages des livres, des encyclopédies, etc.
En considération de cela, on peut alors se demander: Comment les jeunes gabonais d'aujourd'hui peuvent-ils connaître leur culture, s'ils n'ont pas un accès facile au livre ? Comment pourrions-nous, nous rendre compte des richesses incommensurables de nos valeurs traditionnelles transmises depuis les temps immémoriaux par les Anciens et qui se trouvent aujourd'hui consignées dans les livres de littérature, d'anthropologie ou d'histoire si on ne nous donne pas l'opportunité de lire ?

Nous voulons donc plaider pour un commerce équitable, comme le dit si bien l'universitaire et écrivain gabonais, Auguste Moussirou-Mouyama pour que le livre revienne raisonnablement aux étudiants et aux élèves.

Nous plaidons pour une démarche citoyenne qui puisse permettre aux jeunes d'avoir un rapport au livre qui soit juste et équitable.

Enfin, nous lançons un appel au Gouvernement qui est fortement representé ici et qui s'est resolu à poser des Actes, de les diriger en faveur de la jeunesse gabonaise afin que celle-ci puisse s'informer en ayant un rapport au livre qui soit raisonnable.Même si nous vivons à une époque où l'on parle de l'Internet, l'autoroute de l'information et de la communication, il n'en demeure pas moins que l'Internet même dans son apogée, ne parviendra jamais à déclasser le livre parce qu 'il demeure pour le jeune lecteur comme pour tous d'ailleurs, un outil indispensable et irremplaçable.


Je vous remercie.





Wilfried Idiatha, Président du Cercle de Réflexion des Etudiants en Littératures Africaines -CRELAF-,UOB.
Tel:+241.07.40.70.61
Website:www.refer.ga/lit-afq
E-mail:willyidiatha@yahoo.fr
http://crelaf.tigblog.org
http://nyangu.tigblog.org

April 25, 2006 | 7:30 AM Comments  0 comments

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