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Femme noire d'hier, d'aujourd'hui et de demain

En examinant de près, l’image et le statut des femmes noires dans les sociétés africaines anciennes non soumises à une influence étrangère quelconque, on constate que celles-ci sont perçues comme des déesses. La femme noire et son rapport avec l’homme, dans la société africaine de la période pharaonique mérite donc d’être analysée .

Ainsi, il est aisé de constater que même les vestiges archéologiques légués par les premiers Homo Sapiens Sapiens Africanus à travers le monde, témoignent de l’admiration des hommes pour les femmes noires. En effet, ces vestiges sont majoritairement des statuettes de femmes noires (vénus, déesses de la fécondité...).


Dès lors, on comprend que la femme noire était valorisée et vénérée dans sa société, ce qui lui permettait de jouir d’une totale confiance en elle et aussi des mêmes privilèges que les hommes. Mais voyons cela de près.


DANS LES SOCIETES OCCIDENTALES ANTIQUES...


La femme est perçue comme un individu de sexe féminin, dit sexe faible. Elle est donc définie par son anatomie et non pas par son essence et son rapport social à l’homme. Pire encore, c’est le péché originel, la faute, la culpabilité... bref une créature du mal dont la mission est de faire chuter l’homme.


Ainsi, dans la vision grecque, la gardienne des enfers (Hadès) est Perséphone. Elle s’est enlevée les seins et martyrise les hommes .


Héritage du nomadisme et du patriarcat, la femme n’a pas de personnalité juridique, elle n’hérite pas, ne vas pas à l’école, se contente de procréer et est totalement dépréciée dans la société. Une des traces visibles de cet état de fait est qu’il existe un mot pour désigner le meurtre du père ou du frère (parricide ,fratricide) mais il n’existe rien pour le meurtre de la femme ou de la sœur.


DANS L’AFRIQUE ANCIENNE ( EGYPTE/NUBIE/ETHIOPIE )...


La femme n’est pas seulement définie par son sexe mais aussi par sa nature divine. C’est celle qui a la possibilité de donner la vie, de procréer (Messou, Messi). Sa nature profonde est donc valorisée et divinisée .


Au-delà, elle est celle qui, dans son rapport à l’homme, jouie d’une quadruple perceptions. En effet, elle est la mère, l’épouse, la déesse et la sœur. Héritée du sédentarisme et du matriarcat, cette perception sociale reflète les idéaux spirituels des africains anciens :


*La divinité de la sagesse, de la vérité et de la justice (Maat) est une femme,

*La protection de pharaon était confiée à une nubienne, la déesse Anouket,

*Isis, était à la fois la femme et la sœur d’Osiris,

*La mère est désignée en écriture hiéroglyphique par le vautour en raison de l’attention que porte cet animal à sa progéniture,

Ainsi, tout comme les déesses, les Africains anciens représentaient leur femme de couleur or (jaune, l’or est la chair des déesses) dans leurs réalisations artistiques (peintures, sculptures, etc...).


Il est encore intéressant de noter que l’homme est généralement représenté avec sa femme, ou placé entre sa femme et une déesse (exemple celle de sa localité pour un personnage important).


La littérature égyptienne nous révèle encore que les hommes, prenaient soin de leur femme et de leur vie familiale.

"Fils respectueux, tendres époux, parents attentifs et bien souvent indulgents, ils tenaient avec un zèle que l’on pourrait qualifier de méthodique, à pratiquer les vertus qu’ils avaient en grand honneur. Et maintes fois, à les en croire, ils donnèrent l’exemple aux générations futures" souligne Elisabeth Laffont (Cf. Les livres de sagesses des pharaons, éd. Folio).


Epoux fidèles certes, les hommes étaient aussi débordants d’amour pour leur femme. Un papyrus nous le révèle (CF. Papyrus Chester Beatty I) :



"Amante unique, sans pareille
Plus belle que toutes les autres femmes
Vois, elle est comme (l’étoile) Sirius qui apparaît,
Au début d’une année heureuse.
D’un éclat radieux, d’un teint délicat !
Charmeur est son regard
Suaves ses paroles,
Elle n’a pas un mot de trop.
Son cou est gracieux, fermes sont ses seins,
Sa chevelure est aussi vraie que le lapis-lazuli,
L’ambre de ses bras l’emporte sur l’or,
Des doigts semblables aux boutons de lotus,
Ses fesses galbées épousent le modèle idéal,
Noble est son maintien dans la démarche,
Elle a capturé mon cœur de son amour".


Afin de permettre aux jeunes hommes en âge de prendre femme, de visualiser le comportement idéal à avoir avec leur futur femme, les maximes du Sage africain Ptahhotep étaient judicieusement enseignées dès le plus jeune âge (Cf. traité de sagesse de Ptahhotep, 2563 - 2423 avant J. C.) :


"Aime ta femme sans ménage
Rempli son ventre, habille son dos,
Ce sont les soins à donner à son corps,
Caresse-la, comble ses désirs tout le temps de ton existence
C’est un bien qui fait honneur au maître de la maison.
Ne sois pas brutal, les ménagements conduisent mieux ta femme que la force.
Son bien-être et son bonheur, voilà ce à quoi elle aspire,
Voilà où elle vise dans son cœur, voilà ce qu’elle regarde.
Sache que c’est ce qui la fixe dans la maison, car si tu la repousses, c’est pour elle un abîme.
Ouvre-lui grands les bras pour qu’elle s’y blottisse et marque-lui ton amour".

Le Sage Any, les invite encore à mettre leur main dans celle de leur femme, (Cf. Maximes d’Any, 1298 - 1235 avant J. C.)...

Ainsi, dans la société africaine ancienne non soumise à une influence étrangère, la femme était perçue comme la complémentarité de l’homme, la maîtresse de maison, la beauté féminine personnifiée, une source de stabilité et de sagesse, une amante créative, une sœur avertie, une étincelle d’érotisme, une mère attentionnée et une future déesse céleste.

La projection divine de sa relation avec l’homme engendra le principe des représentations de la vierge à l’enfant (NB. les représentations d’Isis allaitant son fils Horus, sont les archétypes des représentations de la vierge Marie allaitant Jésus enfant) et de la Trinité : père, mère, enfant (qui deviendra dans les sociétés nomades occidentales : père, fils et St Esprit (la mère a disparu)).
Aucune fonction ou filière d’études n’était interdite aux femmes. Ainsi, dans l’histoire africaine on trouve des femmes médecins (Pesechet), pharaon (hatchepsout), reine (Nzinga), chef des armées (Amani Renas), Ministre des Affaires étrangères (Tiyi), etc... Le roi dirige avec la femme qui jouent aussi le rôle de conseillère (épouse, mère).


Dans la vision religieuse africaine, Dieu aime la femme autant que l’homme. Le couple marié forme alors une seule enveloppe spirituelle.


Cette icône de beauté fut célébrée dans le passé, par les autres peuples. La Bible fournit une preuve indéniable que la beauté noire était idéalisée autrefois (ex. Cantique des cantiques dans la Bible : "Je suis noire et belle" ou encore la Reine Shaba).


AUJOURD'HUI...

La beauté noire a été dépréciée pour les raisons suivantes :

*La colonisation et l’esclavage qui ont altéré fortement les relations homme/femme (dévalorisation de la femme noire perçue à l’époque comme un bien meuble et une génitrice sans structure familiale fixe),


*Les influences culturelles étrangères et dominantes en et hors d’Afrique,

*L’évolution du statut des femmes blanches dans les sociétés occidentales qui, accédant à des emplois valorisant et bien rémunérés, deviennent la cible favorite des grandes campagnes de publicité (cosmétique, mode...), des films à grand budget (Hollywood) et des sociologues désireux de voir les sociétés évoluer.


Il en résulte que peu valorisée et sujette à toutes les discriminations et difficultés, la beauté noire passe petit à petit au second plan et ne reste valorisée que dans les esprits fortement accrochés à leur essence africaine.


Il reste certain que la valeur de soi s’acquiert aussi dans le regard de l’autre. Autrement dit, si le regard des hommes noirs sur les femmes noires est sincère, respectueux, responsable (socialement, économiquement, familialement, culturellement...), valorisant et attentionné, nul doute que cela contribuera à faire rayonner de nouveau la beauté noire dans le monde.







January 23, 2006 | 11:34 AM Comments  0 comments

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