On le sait,les universités africaines sont malades.Malades de leurs infrastructures,malades de leurs dirigeants, malades de leur politique.
Crées dans le but de former la nouvelle élite des pays africains nouvellement indépendants,les universités africaines n'ont eu depuis leur création que d'être en proie à de multiples difficultés. Malgré quelques notes de satisfaction engrangées ci et là ,il s'avère malheureusement que ces notes ne sont pas celles de nos univesités les mieux partagées.L'"alma mater" des savoirs se plaît à magnifier ses vieux démons.
Devant former une élite africaine apte à servir nos pays anciennement colonisés, certaines universités africaines ont été créees à la va-vite sans plan, sans véritable projet . La conséquence est qu'aujourd'hui, après près de 30 ans d'existence, certaines de ces universités sont devenues exiguës pour la quantité sans cesse croissante des étudiants qui franchissent le portail chaque année. De plus, l'on note dans le même temps,la vetusté de ses infrastructures .
L'offre étant donc supérieure à la demande,on se retrouve dans des amphithéâtres où l'effectif des étudiants dépasse les mille âmes,rien,majoritairement, qu'en première année . Ce qui fait que le passage de la première en année supérieure ressemble aux douze travaux d'Hercule ,puisque au bout du compte,les enseignants sont obligés de procéder à un "clausus numerus", de faire passer par quota. Le problème avec cet état de chose est que le plus grand nombre se retrouve récallé ou exclu. Carrément . Ce qui constitue un problème .
Ajouté au problème de quota ,celui du manque d'enseignants.On retrouve dans nos universités, des enseignants qui donnent plus de cours qu'ils ne devraient en donner, et parfois des cours qui ne rentrent pas dans leur formation initiale . Ce qui constitue encore un frein dans la formation des futurs cadres,même si l'on reconnaît que ces enseignants parviennent malgré tout à faire passer le message . Mais doit-on toujours laisser les choses se faire ainsi ?
Mal payés, évoluant dans des situations tout à fait inextricables,les enseignants des universités africaines font parfois des pieds et des mains pour rattraper les deux bouts . On les retrouve donc conseillers à la "Cour"; fonctionnaires,Chefs d'entreprise,taximen,etc. et malheureusement,on retrouve dans le lot très peu de chercheurs . Comment peut-on avoir des universitéS sans chercheurs surtout quand on sait que les Facultés sont faites pour en avoir ?
S'ajoute à tout cela , ce que nous nommerions "le méli-mélo";les universités africaines sont devenues un fourre-tout où science et politique ( non pas les sciences politiques !)se mêlent et deviennent un pack d'embrouilles et de discordes .Nos universités sont politisées; c'est-à-dire dirigées par des politiques véreux et font perdre leur crédibilité à ces institutions qui deviennent des lieux de règlement de comptes, connaissant son caractère hautement très sensible.
La cérise sur le gâteau, les grèves dans les universités en Afrique. Il ne s'est jamais passée une année académique, sans qu'il y ait eu de rémous, le contraire serait carrémént impensable ! Ainsi donc étant le "lieu de la contestation" tel que le clameraient certains,les universités sont en proie chaque année, à des mouvements d'humeur dont les causes,il faut bien l'avouer, démeurent fondées: Problèmes de restauration, de logement et surtout de bourses qui n'arrivent jamais quand il le faut pour le cas des étudiants, la récclamation de meilleurs conditions de vie et de travail pour les enseignants .
Peu à peu ,nos universités sont entrain d'entamer le système dit LMD:Licence-Mastère-Doctorat. Certains y sont déjà . Le hic c'est que ce système d'importation nord-américaine, même s'il semble donner un souffle nouveau à la formation dans nos universités, est un "piège" pour certains établissements universitaires ;ce d'autant plus que pour nombreux de ces établissements, les cycles ne sont pas tous complets ( puisque l'on parle de "licence-Mastère-Doctorat"); certains Départements dans les Facultés ne vont que jusques en Maîtrise voire seulement jusques en deuxième année et en plus, se pose aussi comme nous l'avons déjà souligné plus haut,le problème du manque d'enseignants .
On peut encore ajouter,le problème de bibliothèques .Quand elles existent,elles sont relativement fournies . Nous n'oserons pas nommer celui des connections Internet dans les campus.
Bref, il faut dire que certaines universités africaines sont encore en proie à de réelles difficultés dans leur fonctionnnement . Nous osons espérer, que nos gouvernants travailleront désormais à rendre nos établissements universitaires crédibles et dignes de leur rang .